Ce matin, j'avais besoin d'aller me balader... J'ai profité du sommeil des enfants pour aller voir si l'autre jour, je n'avais pas rêvé
et si surtout... (parce que non, je n'avais pas rêvé...) je n'avais pas amplifié négativement mon paysage du bord de l'Oise.
Hum... Mais le constat a été immédiatement sévère, frustrant, voir très amer... Et bien plus mis à nu au soleil que l'autre jour où le temps était grisâtre. Pour moi, l'étendu des dégâts me
paraît immense, désatreux, incompréhensible, et m'a déchiré encore plus le coeur.
Lorsqu'à 8h00 ce matin, j'ai entendu les premiers coups de la tronçonneuse - vacarme assourdissant même les fenêtres fermées - je savais que quelques minutes plus tard, je lui ferais
face avec mon APN...
Mais quoi dire, quoi faire, sinon mitrailler le paysage en souvenir du bon vieux temps...
Une tronçonneuse vu de près est un engin très laid et qui éprouve nerveusement les nerfs. Ca tombe à pic, les miens sont en compote face à ce paysage apocalyptique... Je vous avoue que l'idée de
chiper l'engin des mains de l'ouvrier qui s'en servait pour le jeter dans l'Oise m'a une seconde traversé l'esprit, mais je n'aurais fait qu'agraver les choses et polluer un peu plus
l'eau avec de la rouille. Cet engin ne mérite pas l'eau, il mérite pire...
Mon Dieu que la commune s'organise et mette un plan sckotché à un tronc d'arbre alors pour que je vois ce que plus tard tout ce carnage va donner parce que pour l'instant, je n'imagine rien du
tout du bien. Tout est si nu, moche, boueux, froid !!!!!!!!!! Même si les travaux vont durer 6 mois...
Mise devant le fait accompli, je subis ces faits, le regard brouillé de révolte contre l'homme...
C'est injuste, ces arbres n'ont rien demandé... L'homme se croit toujours au-dessus de toutes lois, mais l'homme se trompe parfois si lourdement, mettant notre planète à feu et à sang, l'homme
n'est là que pour démontrer son sadisme révoltant face à une Dame-Nature si belle et qui n'a de cesse de nous émerveiller chaque jour davantage...
Serrant fort mon APN dans mes mains, je vous offre un gros plan sur ce carnage qui s'avère au final un travail bien baclé...
Les ouvriers m'ont regardé et ont eu l'air surpris que je prenne des photos mais je ne leur ai porté aucun regard de compassion, je me
fiche que le chantier soit interdit au public, moi, je suis là et je serais là jusqu'au bout...Je me fiche royalement de ce qu'ils peuvent penser ou dire ! C'est mon droit d'être contre et de
râler contre leur sale besogne... Tout comme c'est leur droit à eux de travailler parce qu'on leur a demandé !
De toute façon, le jeu n'est pas équitable, contre moi, ils gagnent à tous les coups, je ne suis armée que de mes mots pour crier ma révolte alors qu'eux, ils se servent de leur sale tronçonneuse
!
Un peu plus loin, il y a mon arbre... Ce matin, je suis allée le saluer en hommage au temps qui passe. Ces feuilles sont devenues
toutes marrons et sont déjà bien flétries. Dans les prochains jours, il sera tout nu mais il sera beau, très beau même et je l'aimerais comme avant parce que tout simplement, c'est mon
arbre...
Ce matin, il m'a salué de sa jolie couleur orangée et je sais qu'il m'a reconnu. Mon arbre avec son escalier à son pied. Mon arbre à secrets, mon arbre à envies, mon arbre à projets...
Il me connaît un peu, beaucoup, à la folie... Il sait que c'est à son pied que lorsqu'il fait beau, je vais lire, que je médite où que je réfléchis... Il sait que je dénigre volontairement
le banc un peu plus loin parce que j'aime entendre au creux de mon oreille le bruit de son feuillage bercé par le vent, comme un murmure... Et puis, en automne, il m'offre toujours de jolis
marrons que je conserve le plus longtemps possible dans une petite coupelle. Tous les ans, il m'offre ce rituel, chaque jour, il m'offre sa tendresse et je m'appuis sur la solidité de son tronc
lorsqu'en moi, rien ne va droit...
Alors, non, JE ne peux pas quitter mon arbre et LUI non plus d'ailleurs... Cela fait 11 ans que l'entente est réciproque. L'homme ne peut pas nous enlever ça !
Lorsque, je vois de grosses empreintes de roues toute proches de mon arbre, j'ai soudain très très peur et mon coeur bat de plus en plus fort !!!! POURVU QUE !!!!!!!!!! OH MON DIEU POURVU QUE
!!!!!!!!!!!!!
Oh, s'il te plaît, mon arbre, ne t'en vas pas, sans moi...