Hier soir sur Arté, il y avait ce très beau film avec Jeanne Moreau ...
Avec : Jeanne Moreau (Célestine), Georges Géret (Joseph), Michel Piccoli (Monsieur Monteil), Françoise Lugagne (Madame Monteil), Jean Ozenne (Monsieur Rabour), Daniel Ivernel (Capitaine Mauger). 1h41.
SYNOPSIS : "En 1928, Célestine est engagée comme femme de chambre au Prieuré, propriété bourgeoise de la famille Monteil, en Normandie. Elle découvre les petits travers de chacun : les appétits sexuels et le goût de la chasse de M. Monteil, la frigidité et l'obsession de la propreté de Mme Monteil, le fétichisme de la bottine féminine du vieux Rabour, le racisme maurassien du domestique Joseph, le militarisme borné du voisin Mauger, capitaine en retraite.
Célestine se lie d'amitié avec Marianne, servante un peu simple d'esprit et surtout Claire, une fillette assez indépendante. Alors qu'on apprend la mort subite de Rabour, tenant encore à la main une de ses chères bottines, on découvre dans les bois le cadavre de Claire. Elle a été violée et assassinée par Joseph.
Pour confondre le meurtrier et le livrer à la justice, Célestine accepte de se fiancer avec lui et fabrique une preuve qui entraîne l'arrestation du coupable. L'ancienne femme de chambre concrétise alors son ascension sociale en épousant Mauger, qu'elle transforme en mari soumis.
Après son acquittement, Joseph est devenu le patron d'un petit bistrot à Cherbourg. Il regarde passer un défilé de militants d'extrêmedroite qui crient leurs slogans xénophobes. Joseph lance un " Vive Chiappe " bientôt repris par tous. L'orage éclate."
C'est le premier film de la dernière période de Luis Bunuel, pendant laquelle il tournera essentiellement en France, et toujours avec la collaboration de Jean-Claude Carrière pour le scénario. En repoussant d'une trentaine d'année l'action du roman d'Octave Mirbeau, le cinéaste s'offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts dans les années 30. Le "Vive Chiappe !" que scandent des manifestants "antimétèques" de 1928 à la fin du film est une allusion ironique au préfet du même nom, qui fit interdire L'âge d'or son chef d'œuvre surréaliste alors qu'il vivait en France l'effervescence sociale et politique.
Bunuel épure son style pour se mettre au ras du quotidien et jubile de prendre au piège la petite bourgeoisie provinciale qui ne mérite pas les audaces baroques que L'ange exterminateur appliquait à la saisie de la haute bourgeoisie.
Est ici décrite une petite bourgeoise provinciale décrépite et impuissante (la fringale sexuelle de Monsieur, le refoulement aigri de Madame, le colérique capitaine Mauger, Joseph le magouilleur) qui ne perçoit son salut que dans les ligues fascistes exploitant son nationalisme et son antisémitisme viscéral. Le fétichisme du beau-père, M. Rabour, qui fantasme sur les bottines de Célestine est le versant dégénéré des pulsions de morts et de corruption qui saturent le film.
CE QUE NOUS EN AVONS PENSE : avec zhom, nous avons aimé ce film et il est vrai que nous avons passé un très agréable moment devant notre petit écran ... Pour ma part, j'avoue que j'aime l'ambiance assez feutrée qui se dégage des films en N&B car ils annoncent incontestablement une autre époque, d'autres moeurs, d'autres opinions d'influences et stimulent donc un autre charme. Jeanne Moreau est magnifique dans ce film ... Je découvre cette actrice de caractère avec passion ! L'histoire est bien menée et on s'est laissé prendre au jeu de l'intrigue !!!!!! Une découverte à renouveller sans l'ombre d'un doute !
En surfant sur le site Amazon, j'ai vu que de ce film est adapté un livre que j'ai acheté aujourd'hui sur le site Amazon ...
En fait je me suis trompée et merci Emmyne pour la rectification. "C'est le film qui est tiré du livre. Mirbeau l'a écrit en 1900 ( tout pile ! ). Folio a cédé à la tentation - comme nombre d'éditeur lorqu'il y a une adaptation cinématographique - de mettre une image du film sur la couverture, ce qui induit en erreur."











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